Parfait reflet d'une société qui en veut, en demande toujours plus et le communique un peu trop, comme le souligne Sylviane (http://slauro.blog.pacajob.com/inde...) où votre "e réputation" risque de supplanter votre réputation. Ou alors "l'ultime chance", le "dernier recours" possible comme semble l'entendre Idées sur pattes (http://betweenjobs.blog.nordjob.com...).
En fait Berny, dans son billet(http://aparsa.blog.ouestjob.com/ind...), que j'ai très apprécié personnellement, pose une question intéressante : comment sortir du fond de rayon pour s'afficher, buste fier, en tête de gondole du cybermarché de l'emploi ? Comment susciter un achat spontané ou réfléchi d'un "consorecruteur". Le buzz ne serait il pas le moyen de vendre un contenu, un contenant, voire les 2 finalement. Mais alors ne sommes nous qu'une marchandise ? Non évidemment que non (enfin je l'espère). Mais considérer l'idée que nos compétences puissent être un produit potentiel sur un marché segmenté en mass market et niches commerciales n'est-elle pas intéressante pour mieux comprendre l'utilité du buzz ?

Mettons nous donc 2 minutes dans la peau d'un chef de produit et passons en revue ce qu'ils appellent un marketing mix ou les règles des 4P : Cette vision, très schématique et un peu dépassée aujourd'hui, est toujours enseignée.

Le 1er P : LE PRODUIT : Nous ou notre employabilité
nous offrons des compétences acquises lors de nos expériences professionnelles auxquelles s'ajoutent nos connaissances (savoir acquis lors de cursus scolaire, de formation continue, de formation professionnelle). Le tout monté en sauce par un liant extraordinaire qu'est notre personnalité. Il n'y a pas de bon ou de mauvais produit. Il y a des produits tendances, d'autres rétros. Ils sont parfois originaux ou très standards, ce qui les conduit respectivement à une mise sur un marché de masse ou sur une niche. Evidemment, de facto, un produit standard (comme le souligne Berny) est positionné sur un mass market le conduisant dans un environnement concurrentiel. Le chef produit devra donc piloter plus finement les autres P du mix marketing

Le 2ème : LE PRIX : La rémunération
Notre valeur numéraire est complexe à étalonner car elle dépend :

  • de nos souhaits et/ou notre estime de soi
  • du marché: hyper concurrentiel, concurrentiel, niche et pourquoi pas "marché de luxe"
  • des risques que l'on souhaite prendre: responsabilité, part variable par rapport à la part fixe

Le 3ème: LA PROMOTION : LE BUZZ
Je passerai les "remises de prix", les "promotions tarifaires" telle que les bons de réduction, les lots et les conditionnements girafes. Allons droit au but, parlons communication. Car le buzz, tout le monde est d'accord, est l'outil de communication et de promotion du dit produit que "nous sommes" (je parle de nos compétences"). Dans le milieu du conseil, ne parlons nous pas d'une offre de service pour "vendre nos compétences".
Le buzz est à notre CV ce que la pub est au produit. Comme elle, il peut alors prendre des formes diverses:

  • le CV video = le spot publicitaire
  • le CV TWitter = Le tract ou flyers
  • le blog = le catalogue produits
  • Pourquoi ne pas imaginer un sitcom de 7 min (tel un gars, une fille) d'un chômeur et d'un RH ?

A l'ère de l'e-promotion et de l'e-pubilicité, des entreprises ont choisi la communication et la promotion comme moteur de leur développement commercial. Pourquoi des candidats se percevant comme une TPE, n'utiliseraient pas le buzz pour atteindre les têtes de gondoles des piles de CV ? En visionnant une publicité, nous sommes libre d'acheter ou de ne pas acheter, d'aimer ou de ne pas aimer. La publicité, tout comme le buzz, n'a pas vocation à donner une image objective du "produit". Nous, comme les recruteurs, pouvons avoir " le coup de coeur médiatique" dont parle Sylviane(http://slauro.blog.pacajob.com/inde...). Est ce pour autant devenir acheteur ?

Et il n'y a pas de 4ème P : P comme "Place" renvoyant aux canaux de distribution sur lesquels vous trouverez d'autres articles fort intéressants.

Conclusion: BUZZER A TOUT PRIX ???
Comme le souligne entres autres Kiwi(http://kiwi.blog.parisjob.com/index...), c'est un véritable plan médiatique à bien préparer. Buzzer pour buzzer non surtout pas, En revanche, l'étude de son marché, la connaissance de ses cibles, la connaissance des points forts et des points faibles de ses compétences et le positionnement que l'on souhaite adopter, peuvent amener à buzzer sur ce qu'on pourrait appeler le "meilleur produit du monde" (puisque c'est une part de nous).
Et Si Patricia (http://pgoyenetche.blog.sudouestjob...) a complètement raison de souligner le danger potentiel de subjectivité de cet outil et de l'interprétation qui peut en être fait, il ne faut pas oublier que parfois, à produit comparable, on est séduit par le vendeur, pour ce qu'il est, pour ce qu'il a dit, pour l'attention qu'il nous a porté...tout ce qu'il reste d'humain dans l'échange avec l'autre au delà de la négociation et du produit. C'est d'ailleurs surprenant de rechercher un contact chaleureux par le biais d'un médium froid qu'est internet.
Gageons que les recruteurs ne sont pas que des "consorecruteurs", définis par Berny, floués par la promotion et par l'emballage sans avoir auparavant vérifié le contenu. D'ailleurs, certains, après étude de leur marché, n'utiliseront pas le Buzz parce que ce n'est pas en phase avec le produit, par exemple pour les produits de "luxe".